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Posted 28 juillet 2012 by webguy06 in Franc-Maçonnerie
 
 

LA LUNE ET LE SOLEIL


SOUS LE SIGNE DU DOUBLE ET DE LA DUALITE

SOUS LE SIGNE DU TRIANGLE

 

L’Homme, dès sa naissance et jusqu’à la fin de sa vie, a sous les yeux le spectacle perpétuel de ces deux Astres et de fait, non seulement il ne peut envisager l’un sans l’autre, mais il se les est appropriés et les a intégrés dans sa vie : ainsi l’alternance du jour et de la nuit ne lui a-t-elle pas appris à mesurer le temps, à établir des calendriers lunaire et solaire ? La Lune et le Soleil sont indissociables dans notre esprit, complémentaires, et ne peuvent exister séparément, d’où le choix de l’épithète « Double » et pourtant, malgré leur complémentarité, ils se présentent comme deux pôles répulsifs : le Jour et la Nuit, la Lumière et Les Ténèbres, jouant au cours des âges successivement les rôles de « Dominant »-« Dominé »…C’est pourquoi le sous-titre « Sous le signe du Double et de la Dualité » s’est imposé tout naturellement. Cependant il est besoin de préciser que la « Dualité » est certes à rechercher au niveau du rôle joué par ces deux astres au cours des siècles, mais aussi au niveau de la nature de chacun d’eux, chacun possédant en soi des aspects antithétiques ? C’est ainsi que sur cet axe « Sous le signe du Double et de la Dualité » que va se construire la première partie de notre planche.

 

SOUS LE SIGNE DU DOUBLE – SOUS LE SIGNE DU TRIANGLE

 

En fonction de l’état de nos connaissances, infimes par rapport à l’immensité de l’univers, nous pouvons affirmer que la perception de la Lune et du Soleil n’a de réalité actuellement que par rapport à l’Etre humain, et c’est ainsi que se forme ce triangle : Lune-Soleil-Terre. Peut-être, pour être plus précis, faudrait-il parler de losange plutôt que de triangle car il n’y a de conscience s’exprimant sur cette Terre que celle de l’Homme. On aurait ainsi le losange Lune-Soleil-Terre-Homme. Et c’est à travers son regard, son corps physique, sa conscience, son imagination, son inconscient que vont naître les différentes images du couple Lune-  Soleil.

Imaginons un instant la terreur de l’homme de Cro-Magnon réfugié au fond de sa grotte en voyant l’astre Soleil décliner au fond de l’horizon et l’obscurité envahir son aire si réconfortante le jour et si menaçante la nuit. Terreur aussi de ne point revoir la lumière et d’être condamné à errer sans fin dans les ombres …Le destin de l’Homme

n ‘est il pas lié de façon étroite et jusqu’à présent indissociable au couple Lune-Soleil ?

C’est ainsi que la Lune et le Soleil vont devenir ses repères.

 

 REPERES DANS LE TEMPS :

La mesure du temps a rapidement été l’une des préoccupations primordiales pour l’organisation de la vie en communauté, et tout naturellement, l’observation des phénomènes périodiques, cycliques du Soleil et de la Lune ont servi de premières références. Ainsi l’alternance jour-nuit a initié la première catégorie temporelle : hier -aujourd’hui – demain ; ainsi en a-t-il été pour les autres organisations temporelles :    l’année solaire, le mois lunaire. Les calendriers païens, presque toujours définis par des astrologues (les astronomes de l’époque) étaient étroitement associés au culte de la Lune et du Soleil. Citons parmi les calendriers les plus anciens, celui des  Egyptiens ( il fut lunaire avant de devenir solaire), des Chinois, des Aztèques, des Mayas (n’oublions pas que le calendrier lunaire est toujours en usage dans les religions juive, copte, et musulmane sous des formes différentes). Et d’aucuns de prétendre que StoneHenge ou les colonnes des temples de Baalbek  seraient  des indicateurs de saisons, de solstices d’été, d’hiver.

Repères temporels avons-nous dit, mais aussi et surtout repères religieux.

 

REPERES RELIGIEUX

 

Jeté dans un monde qui le dépasse, ignorant le sens de sa vie, de son destin, écrasé par les forces qui le dominent, l’Homme est devenu le spectateur du milieu qui l’entoure, et duquel lui viennent ses sensations multiples, sensations qu’il va chercher sans cesse à exprimer et qui sont la matière première de son travail mental.

Le spectacle qui frappe d’abord l’esprit de l’Homme, c’est celui de la Lune et du Soleil qui montent et descendent dans le ciel, qui semblent régner en maîtres, qui distribuent à tous lumière, chaleur, qui chassent les terreurs de l’obscurité, les frayeurs occasionnées par le déchaînement des éléments atmosphériques : l’éclat fulgurant de la foudre, des éclairs, le roulement du tonnerre, le bruit assourdissant des trombes d’eau … Avec quels cris de joie, de bonheur, l’Homme n’accueille-t-il pas les deux astres qu’il a craint de ne plus revoir …Leur disparition sous l’horizon ne lui fait-il pas penser à une fin précoce ? C’est donc le cours de la Lune et du Soleil aux différents stades, depuis le crépuscule jusqu’à l’aurore et de l’aurore jusqu’au crépuscule qui va monopoliser ses espoirs, ses craintes, son attention constante et qui va le conduire à se donner des Dieux ! La soumission à son environnement, aux forces qui le dépassent va le pousser à reconnaître leur puissance et à essayer de pactiser avec elles, d’où l’édification de temples qui leur sont destinés, de cérémonies rituelles censées leur attirer leur bienveillance et les apaiser, même au prix de sacrifices humains … Le sang répandu sera le tribut payé à l’alliance du Triangle Lune – Soleil-Homme.

Nous assistons alors sur la planète Terre à la naissance d’une profusion de mythes

lunaires et solaires, qui s’entrecroisent, se mêlent, se confondent : la divinité Lune ne

saurait être sans la divinité Soleil et inversement la divinité Soleil ne saurait être sans la divinité Lune. Ils ne peuvent exister séparément dans l’imaginaire humain, ils sont liés de façon irrévocable, et c’est pourquoi l’on peut parler de « Double ». Pourtant, au sein même du couple, des rivalités se font jour : tantôt c’est la Lune qui a la prééminence sur le Soleil, tantôt c’est le Soleil … Nous n’en voulons comme preuve que l’emploi du genre masculin-féminin attribué alternativement tantôt à l’un ,tantôt à l’autre.

Sous le signe du « Double », mais aussi sous le signe de la « Dualité », de la  rivalité.

 

 

 

DUALITE  ENTRE  LE   SOLEIL ET  LA LUNE

 

SUPREMATIE DE LA LUNE

Ainsi en Mésopotamie, la Lune est un Dieu mâle : il s’agit en effet de Sin ou Su’en, et dont l’épouse se nomme Ningal – ce qui prouve bien qu’il s’agit d’un Dieu masculin et non féminin. Le Dieu Soleil, nommé Shamash-Outou , devient moins important que le Dieu Lune et passe au second rang dans la mythologie de l’époque.

Egalement, une divinité hittite, présente dès la première moitié du II° millénaire avant notre ère, a pour nom Arinna qui signifie « Mère-Soleil » et dont l’époux n’est autre que Menesis, la Lune …

On sait que dans les langues germaniques, le nom de la Lune fut originairement masculin : c’est l’astre régulateur des temps et des saisons, le gardien de toutes les institutions humaines qui en dépendent, à une époque de l’histoire de la civilisation fort antérieure au temps où le cours du Soleil put être observé d’assez près pour assumer les mêmes fonctions.

Par contre, le Soleil est en gothique, le féminin Sunnô, ce qui ne saurait s’expliquer que par l’introduction d’une chronométrie solaire parallèlement à celle de la Lune.

 

SUPREMATIE DU SOLEIL

Selon les Egyptiens, Khonsou est également un Dieu lunaire dont le nom signifie

« l’errant » ou « le voyageur », et qui est  le plus souvent figuré par un homme pourvu d’une tête de faucon, couronné par un croissant de lune supportant un disque solaire. Là encore, Khounsou n’est pas une déesse, et de plus, il est le fils du Soleil et de la Terre-Mère. Par contre ici, le Dieu Soleil est le dieu suprême, le dieu des dieux de l’Egypte antique, il est Rê, le grand dieu d’Héliopolis, que les Grecs eux-mêmes ont baptisée « ville du Soleil ». Pharaon est considéré comme « fils de Rê ».

En Grèce, la Lune est la fille d’Hélios, c’est-à-dire du Soleil. Elle est alors représentée sous les traits d’une très belle jeune femme, parcourant le ciel dans un superbe char d’argent traîné par deux chevaux blancs.

L’on pourrait ainsi continuer à citer de nombreux exemples qui feraient ressortir le caractère ambivalent du couple Lune-Soleil, les deux toujours associés mais interchangeables. C’est ainsi que l’imaginaire collectif, tout en les réunissant dans une profonde unité, les oppose et leur donne tour à tour la prééminence, tour à tour la force, la puissance, le commandement, tour à tour la féminité, la passivité … Nous voyons combien l’aspect linguistique est important  pour comprendre comment opère l’esprit humain dans l’appréhension du monde qui l’entoure, et comment à travers le choix de la désinence masculine ou féminine d’un substantif sur le concept qu’il désigne, il révèle la Dualité entre le Soleil et la Lune.

Et de fait, il apparaît évident que « La  Dualité » est l’axe primordial qui sous-tend la représentation, dans l’imaginaire humain, au cours des âges et selon les peuples, du couple Soleil-Lune à travers la notion de prééminence alternative de l’un par rapport à l’autre. La pensée humaine semble procéder sur le mode binaire de l’opposition afin de mieux rendre compte à la fois de la mutation constante du monde et de son unité. Et c’est pourquoi, dans la conception de la nature même du Soleil et de la Lune l’on retrouve ce mode de pensée binaire de « La Dualité ».

 

 

ESSENCE  DUELLE  DU SOLEIL ET  DE LA LUNE

 

Comme nous venons de le voir, le culte de la Lune était partout inséparable de celui du Soleil :culte du Double, culte de la Dualité entre les deux astres et enfin culte de la Dualité au niveau de chacun.

Prenons l’exemple de la Lune : ainsi selon les différentes phases qu’elle présente, on lui attribuait des influences pernicieuses ou bienfaisantes. N’oublions pas la Déesse Astarte avec son double caractère de bon ou de mauvais génie (bona caelestis/inferna caelestis). Et de fait, selon C.G.Jung, la Lune croissante apparaît             dans beaucoup de civilisations comme étant un signe d’espoir, de fertilité (influence sur les marées, sur les cultures ..), tandis qu’au contraire, la Lune décroissante évoque la mort, la dégénérescence, le désespoir.

Chez beaucoup de peuples, ce sentiment domine et l’on n’entreprend aucune tâche à ce moment du cycle lunaire descendant.

Egalement, dans beaucoup de religions primitives, existe le culte de la Lune associé à un culte nocturne auquel appartient la magie. La nuit fait peur. Elle fait apparaître des choses que l’on ne voit pas le jour : esprits, sorciers et sorcières ne sont pas loin et peuvent assaillir l’Homme dont l’habituel fonctionnement sensoriel est lié au jour.

 

Il en va de même pour le dieu Soleil : sa lumière blonde donne la vie, permet aux hommes, aux animaux, aux plantes de naître, de pousser, de grandir. Il est la force vitale, bienfaisante dont on ne peut se passer … Et pourtant il peut être terriblement destructeur : il n’y a qu’à voir ces terres arides, brûlées, desséchées sur lesquelles règne en maître absolu le dieu Soleil. C’est lui aussi qui dans « L’Etranger » de Camus va armer la main de Meursault qui, rendu fou par la force solaire, tire sur l’Arabe …

Mais où sont les neiges d’antan ?

Mais où sont passés les dieux et déesses Soleil et Lune dans nos sociétés ?

La question qui se pose à l’heure actuelle, c’est celle de l’opportunité d’un symbolisme qui se réfère à des sentiments et à des comportements qui n’ont plus cours. C’est vrai que l’artifice a pris dans notre vie une telle place que le culte des dieux cosmiques n’éveille guère de résonances en nous.

Est-il possible de croire que la Franc-Maçonnerie va nous permettre de renouer avec les sources profondes de la sensibilité de l’Humain ? Nous allons donc aborder la seconde partie de notre planche : le Soleil et la Lune, symboles maçonniques, conditionnant la vie au sein de l’Atelier, et les structures profondes de celui-ci.

 

LE SOLEIL ET LA LUNE :          

ANCIENS DIEUX DECHUS AUJOURD’HUI SYMBOLES MACONNIQUES

 

Que subsiste-t-il des anciens mythes ?

Dans le monde profane, aujourd’hui, pour la plupart des hommes, le Soleil n’est plus que l’auxiliaire d’une beauté modelée par le cinéma : le bronzage devient un atout puissant de séduction, c’est pourquoi filles et garçons, l’été, s’exposent pendant des heures aux rayons de l’astre.

Toujours dans le domaine de la beauté, ne pas oublier également de couper ses cheveux à la pleine lune…

Dans le domaine artistique, le Soleil et la Lune inspirent les chanteurs et les poètes. Il n’est qu’à citer la chansonnette de Charles Trenet « Le Soleil a rendez-vous avec la Lune … » pour prendre conscience de l’évolution des consciences et des sensibilités : on est loin des cultes du dieu Soleil  et de la déesse Lune. Il semblerait que seuls les astrophysiciens aient encore conservé ces sentiments de curiosité, d’émerveillement et d’humilité qui furent à l’origine de cette fabuleuse mythologie.

 

Où donc faut-il aller chercher l’héritage spirituel du dieu solaire et de la déesse lunaire ?

Dans des lieux fermés, sombres appelés « Temples maçonniques ».

Qu’y voit-on ? Deux appliques figurant le Soleil et la Lune, accrochées au mur, à l’Orient, derrière le Vénérable Maître, à sa gauche et à sa droite. Le regard n’accroche que des objets d’une grande banalité.

Et puis, la lumière se met à rayonner de ces deux globes et le miracle s’accomplit : ce qui était invisible devient visible. La loge s’ouvre aux dimensions cosmiques et  la phrase rituélique prononcée : « Au nom du Grand Architecte de l’Univers … », prend ici tout son sens. Nous saisissons enfin pourquoi le Soleil est situé à la gauche du Vénérable Maître : il surgit à l’est, à l’Orient et poursuit sa marche en éclairant la colonne du midi, puis passe à l’Ouest, là où se trouvent le premier et le Second Surveillants, et enfin rejoint le Septentrion où la pâle lueur de la Lune va lui succéder. Cette course du Soleil de la gauche vers la droite est primordiale car elle donne tout son sens aux « mystères maçonniques », rituéliques.

 

LE CYCLE SOLAIRE ET LUNAIRE  ET LA COMPREHENSION DE LA VIE EN ATELIER

La vie en Atelier est ponctuée et explicitée par le cycle solaire et lunaire : le travail du Maçon ne s’effectue-t-il pas de « Midi plein à Minuit plein » ?

Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du Soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du Soleil aux deux demi-méridiens. En astronomie, ces bornes Midi-Minuit correspondent au passage de l’astre à son zénith, c’est à dire au maximum de sa lumière, puis douze heures plus tard, à son passage au nadir dans l’obscurité de Minuit.

La question qui vient à l’esprit est la suivante : « Pourquoi le travail du Maçon a-t-il été placé sous le signe de la lumière descendante ? ». L’une des réponses possibles pourrait être celle-ci : il est Midi, et l’on sait qu’il n’est pas de meilleure heure pour commencer les travaux : la lumière du Soleil est à son maximum d’intensité, il n’y a pas d’ombre portée, et ses vertus bienfaisantes sont à leur paroxysme. L’âme des Compagnons et des Maîtres en est toute vivifiée, purifiée et se sent prête à recevoir la connaissance, à construire, à donner…Cependant comme l’excès de Soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour être bénéfique, et ainsi, au fur et à mesure que l’astre s’enfonce sous l’horizon, la brûlure de Midi fait place à la grande douceur du soir qui arrive. N’est- ce pas là le symbole du travail qui s’effectue chez le Maçon ? La brûlure occasionnée par l’excès de chaleur et de lumière, n’est-elle pas symboliquement l’effet percutant que peut produire la révélation de l’existence d’une autre réalité ? La rencontre brutale avec ces forces puissantes peut conduire à une grande déstabilisation de l’âme. Cependant, cette dernière, le temps passant, avec le cycle solaire toujours résurgent, serait conduite tout doucement  à sa re-naissance, baignée par la douceur des rayons du Soleil déclinant, symbolisant cette fois-ci une connaissance librement désirée qui se diffuserait jusqu’à son tréfonds, lui permettant ainsi de s’ouvrir à l’intelligibilité du monde et surtout de soi-même.

Et maintenant, disparaît le Soleil, laissant place à la pâle clarté blanchâtre de l’astre lunaire qui évoque l’élément liquide, en contraste avec la couleur feu de l’astre du jour. Cette lumière tenue donne envie à l’âme de se retirer en soi, de s’abandonner à l’imagination, à la sensibilité, au rêve, à la poésie… Elle symbolise l’inconscient profond et c’est pourquoi l’on peut dire que la Lune est en quelque sorte la matrice dans laquelle le germe se développe : elle implique ainsi le processus de la gestation et de la naissance …Elle figure l’élément féminin par excellence, mais aussi l’élément de passivité car elle a besoin du Soleil pour être éclairée, pour être fécondée. Sans lui, elle ne serait que ténèbres, obscurité qui d’ailleurs apparaissent sur le disque lunaire. Ces ténèbres ne représenteraient-elles pas nos doutes, nos incertitudes, nos hésitations, nos « métaux », tout ce qui nous tire par le bas ? Par cette rotation obscurité-lumière, la Lune deviendrait alors le symbole de la mort et de la résurrection. La Lune serait à la fois le pôle répulsif et complémentaire du Soleil : en quelque sorte l’Animus et l’Anima chez l’être humain, deux états d’être, deux comportements qui permettent de comprendre le fonctionnement et la disposition d’un atelier maçonnique.

 

LE FONCTIONNEMENT D’UN ATELIER MACONNIQUE

Le symbolisme solaire et lunaire est d’une richesse telle qu’il se rattache à de nombreux décors maçonniques et qu’il élève le rituel à une dimension cosmique. Rappelons simplement, comme nous l’avons précédemment montré, que les travaux s’ouvrent à « Midi », quand le Soleil est au centre de sa course, et se ferment à « Minuit » au centre de la nuit. Signalons aussi l’importance des Solstices liés étroitement à la commémoration des messages de Saint Jean-Baptiste (en juin) et de Saint Jean l’Evangéliste (en décembre).

Egalement eu égard au symbolisme solaire et lunaire, les places des Sœurs et des Frères, des officiers de la Loge, le sens de leur marche (circumambulation), de gauche à droite, à l’intérieur du Temple sont significatifs : le Vénérable Maître se tient à l’Orient parce que le Soleil apparaît à l’Est pour ouvrir la carrière du jour, les Compagnons sont assis à la colonne du Midi parce que l’intensité de la lumière les ouvre à la logique discursive, à l’intelligibilité du Monde, et surtout de Soi-même ; le Soleil va leur donner la force du Verbe, du raisonnement, de l’intellect. N’oublions pas que la Colonne des Compagnons, c’est la Colonne où l’on s’instruit, où l’on voyage, où l’on parle…Les Apprentis, quant à eux, occupent la colonne du Nord ou Septentrion, faiblement éclairée par la faible clarté lunaire qui est une lumière en réflexion, en gestation, permettant de faire mûrir toutes les potentialités en chacun, de faire percevoir les voix intérieures afin de mieux les canaliser. La Lune veille sur les Apprentis et les protège.

Nous mesurons, à travers ces quelques exemples de fonctionnement de l’Atelier et du Rituel, l’importance de ces deux Luminaires qui donnent à la vie initiatique une dimension cosmique, dimension affirmée par toutes les traditions de bâtisseurs. Avec les mots « Dimension » et « Bâtisseurs nous pénétrons plus avant dans la Structure symbolique du Temple.

 

LES STRUCTURES  SYMBOLIQUES  DU  TEMPLE, LE TERNAIRE ET LE QUATERNAIRE

Que notre regard examine attentivement la position des deux Luminaires : ils se situent à la droite et à la gauche du plateau du Vénérable Maître ; Derrière celui-ci, et en haut, nous apercevons le Delta lumineux avec l’œil placé en son centre et le Djed.

Nous pourrions imaginer, à la manière des Bâtisseurs, de reconsidérer les structures symboliques existantes à l’Orient et d’en créer d’autres : par exemple, l’on pourrait construire un triangle inversé, ayant pour base une droite Soleil-Lune et un sommet, le Vénérable Maître. Cette représentation ternaire est essentielle à la compréhension de la symbolique maçonnique : le Soleil représente la Raison qui éclaire l’Intelligence, la Lune figure l’Imagination ; le Vénérable Maître, soumis à leur double influence, illumine à son tour la Loge. C’est pourquoi on les désigne tous les trois  sous les vocables suivants « Les Trois Luminaires », « Les Trois Lumières », « Les Trois Petites Lumières ».

L’on pourrait également imaginer construire un rectangle dont un côté serait composé de la Lune, du Soleil, le deuxième côté du Secrétaire (la mémoire), de l’Hospitalier,  du Maître de cérémonies, de la colonne du Nord, du second surveillant, le troisième côté : des deux colonnes « J » et « B », du Couvreur, et enfin le quatrième côté composé du premier surveillant, de la colonne du Midi, de l’Expert, du Trésorier, du Maître de la colonne d’harmonie, et de l’Orateur ( la Parole). Au centre de ce rectangle siège le Vénérable Maître qui représente la conscience de l’Atelier, et que l’on pourrait symboliser par un Œil, un Œil attentif à toutes les énergies, les vibrations, sourdant de tous les êtres unis dans les mêmes attentes, les mêmes espoirs…

Cet Œil agissant dans l’Horizontalité élèverait jusqu’au Delta lumineux, c’est à dire à l’Oeil de la Verticalité, toutes les énergies de la Loge, et là, il y aurait la merveilleuse communication entre l’Horizontalité et la Verticalité, entre le Visible et l’Invisible, entre l’Atelier et le Grand Architecte de l’Univers …

Enfin, nous pourrions imaginer une dernière structure : un magnifique quadrilatère dont l’un des sommets serait le sommet du triangle du Delta lumineux, le premier côté : le sommet du Delta lumineux jusqu’à la Lune, le deuxième côté : de la Lune au Vénérable Maître ; le troisième côté : du Vénérable Maître au Soleil ; le quatrième côté : du Soleil au sommet du Delta lumineux. Il est à noter que dans cette dernière structure, au sommet figuré par la pointe du Delta lumineux correspondrait le sommet représenté par le Vénérable Maître qui serait aidé dans son ascension vers la Verticalité par le Djed (symbolisant l’effort de l’Homme vers la Verticalité) et par L’Oeil de la Conscience Universelle à laquelle aspirent accéder tous les Maçons dignes de ce nom.

 

J’ai dit

 


webguy06

 


5 Comments


  1.  
    argonaute

    Merci GUY
    comment passer de cette dualité Soleil Lune, masculin feminin, ombre lumiere, intuition raison, à l’Unité. comment reunir le masculin et le feminin, la rigueur et la misericorde ?

    comment trouver cette fameuse voie du Milieu ou etrangement dans l’arbre des sephirot Yesed et Tipheret, Lune et Solei ne sont plus dans la dualité mais alignés ?

    je nous laisse à la reflexion de la Lune et la raison brillante du Soleil

    amities
    Eric




  2.  

    Merci pour cet article très riche, une belle explication de la dualité et de l’unité. C’est à travers la force déployée par son soleil intérieur que l’homme dépasse la fragilité de sa sensibilité et parvient à l’Unité. En expérimentant la douceur et le lâcher-prise, il plonge à l’intérieur de lui-même, de sa réceptivité, pour comprendre « qui il est ». La découverte de sa sensitivité affective est un océan d’émotions et de sentiments, ou la tristesse peut le conduire vers une grande dépression. Mais dans son océan intérieur l’homme trouve ses propres richesse, son pouvoir personnel, celui d’être un être extrêmement aimant. Dans cette introspection, il goute pleinement à la subtilité lunaire, apprend à se comprendre et donc à comprendre les autres. Ici, dans la cavité du cœur, nous sommes tous pareil et donc irrémédiablement UN. De cette descente, l’homme en tire une grande richesse, celle de la lumière, celle de la chaleur, celle de la beauté, qui lui permettra de trouver la sortie, pour remonter vers la lumière de la vie. Il à le pouvoir solaire, celui de surmonter ses états d’âme, pour renaître. L’homme est à la fois un être sensible et un être fort, un être dualitaire et unitaire, un homme aimant être aimer. L’amour est un levier qui élève l’homme à l’état de surhomme. C’est ici, qu’il sait accepter d’être à la fois, petit ou grand, faible ou fort, dominé ou dominant, qu’il passe successivement parfois par des périodes de lumière et parfois par des périodes ténébreuses. De cette manière, il comprend, il s’enrichit, il transcende, et aligne son soleil intérieur au-dessus de sa délicatesse lunaire. La douceur de la lune et la force solaire sont complémentaire. Un jeu subtil entre deux puissances, qui participent au plaisir de l’homme. C’est l’union sacrée, lune/soleil, yin/yang, femme/homme, la compréhension de l’utilité de ses deux dynamiques créatives, puisque sans elles, il n’y aurait aucune forme, de plaisir possible. L’intensité de la vie est une étincelle de lumière, à la fois fragile belle et gracieuse, mais aussi forte vigoureuse et consistante. De cela l’être humain doit être « conscient » pour accepter à la fois sa fragilité et sa force, et savoir utiliser ses deux extrêmes à bonne escient. Très belle journée à tous.




    •  
      webguy06

      Ma TCS je suis d’accord avec tes “comme en terre”, cela va de soi…
      J’ajouterai que, du haut de ma stature imposante, je n’en ressens pas moins la fragilité que le flot d’émotions évoqué, entretient en chacun de nous!
      Ô comme l’on se sent impuissant quand des personnes pour qui l’on a de l’affection, se trouvent prises dans le maelström dépressif que la quête engendre.
      Car il est vrai que cheminer vers la lumière n’est pas sans risque. Le confort du “beati paupere est” est bien réel. Nos questionnements existentiels sont sources de bonheurs mais aussi de nouveaux questionnements.
      Partager nos écrits, nos réflexions et, somme toute, nos travaux, nous préserve de la solitude qui naît de l’absence de réponse définitive (inéluctable!)
      BBB
      WebGuy




    •  
      HOUSSIER Patrick

      Bonjour chère soeur,
      Je découvre aujourd’hui ce texte, au fil de mes recherches maçonniques que je trouve d’une rare et douce beauté ,apaisant …
      Il révèle, me semble-t-il une belle connaissance de l’ame humaine.
      Merci,tout simplement.
      Patrick




  3.  
    Notuma

    Quel plaisir de lire ce texte!
    Il me semble qu’au-delà du seul symbolisme, la présence du soleil et de la lune à l’Orient de la Loge sont également là pour nous rappeler que leur culte est antérieur à celui du Dieu unique.
    Ainsi le soleil et la lune figuraient déjà dans le temple de Salomon jusqu’à ce que Josias (en 622 AV.JC, soit trois siècles après Salomon) décida de supprimer tous les cultes étrangers à YHVH, imposant ainsi le monothéisme au peuple juif.
    (cf. 2 rois 23)
    Ainsi le sens attribué au soleil et à la lune a-t’il évolué avec l’histoire de l’humanité, mais leur présence à l’Orient ne peut que nous rappeler l’importance de la spiritualité chez l’homme et à quel point ses racines sont anciennes (voire indissociables de l’apparition de l’homme sur terre).
    L’homme ne peut vivre sans le sacré.
    j’ai dit.





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