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Posted 13 janvier 2015 by MayotteMan in Franc-Maçonnerie
 
 

Le Secret


Le Secret

Dès nos premiers pas en maçonnerie , on nous inculque et impose le secret et par delà le secret comme une vertu.

Lors des enquêtes, il est demandé au profane de garder secret ce premier contact avec la FM ∴ quand bien même il n’entrerait pas en M ∴

C’est dans le plus grand secret que nous vivons le passage sous le bandeau et le début de la cérémonie d’initiation même si cette dernière aboutit à une révélation de la lumière et nos premiers pas d’apprentis FM∴ en loge et vers la vérité. Nous jurons de garder le secret de nos travaux et par le signe pénal nous symbolisons la portée de ce serment    « Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de trahir ce serment »

Les formes  et origines de ce secret sont de plusieurs ordres :

-­‐  à l’origine opératif , les FM ∴  opératifs conservaient les secrets de savoir‐faire en matière de construction comme nous le faisons aujourd’hui dans nos activités professionnelle profanes. On parle souvent des secrets des bâtisseurs de cathédrales et plus loin dans l’ Histoire des secrets de bâtisseurs de Pyramides .

 

-­‐  nécessité de sécurité car à travers l’histoire les pouvoirs en place ont cherché à détruire (ou contrôler) la FM ∴ et les tyrannies ont persécuté ses membres. Il était donc de l’intérêt de la FM ∴ de préserver le secret de l’appartenance de ses membres et nous conservons aujourd’hui cette règle de base : un FM ∴ peut se dévoiler (même si je pense qu’il est préférable de l’éviter pour un F ∴ au grade d’apprenti comme moi) mais il ne peut en aucun cas dévoiler un F ∴

-­‐  Les secrets au pluriel , lorsque nous frappons à la porte du temple nous sommes annoncé comme un profane demandant à être initié aux secrets de la FM :. Là on évoque à la fois les secrets et mystères. On imagine aussi qu’on évoque un savoir. Cette obligation de protéger ces secrets nous est héritée des anciens devoirs et nous renouvelons à chaque tenue notre serment fait lors de notre initiation de préserver le secret de nos travaux en levant la main droite et énonçant à voix forte     « Je le jure ! ». Cette connaissance secrète se traduit par des signes et des attouchements révélés lors de notre initiation mais aussi un mot secret théoriquement connu des seuls initiés. Ce secret ayant été hélas parfois trahi il est complété dans certaines obédiences par des mots secrets changeant chaque année et permettant l’accès en loge , ce qui donne chaque début d’année lieu à la communication des mots secrets de l’année comme nous en a fait l’annonce dernièrement le VM ∴ pour certaines obédiences.

Les ennemis de la franc‐maçonnerie ont souvent tiré argument de ce secret pour la dénigrer , imaginant un complot maçonnique voir judéo‐maçonnique. Il est vrai que les sociétés secrètes en général inquiètent et effraient les pouvoirs comme les peuples : parfois à raison s’agissant de sectes ou d’organisations terroristes et criminelles (telle la Camora qui elle aussi se réclame du secret et du silence) , parfois pour des raisons plus obscures le rêve de tout tyran étant de tout savoir, tout contrôler « Big Brother is watching you » dans le roman 1984 de Georges Orwell mais fort heureusement c’est un autre œil qui nous scrute en loge.

La franc‐maçonnerie ne voue d’ailleurs pas un culte au secret et j’en veux plusieurs exemples :

-­‐  le FM est libre de dévoiler lui-même son appartenance à la FM mais ne doit pas dévoiler ses frères. Sur un territoire petit comme Mayotte , le sujet est délicat car se dévoiler comporte le risque de lever le voile sur ses frères. On sait que qui se ressemble s’assemble et un frère en se révélant expose les frères qu’il fréquente en public.

-­‐  Les obédiences organisent des tenues blanches ou conférences ouvertes aux profanes.

-­‐  Certaines obédiences éditent des revues de vulgarisation à destination notamment des profanes.

Par ailleurs, le secret n’est pas spécifique à la maçonnerie. 
Penchons nous sur l’éthymologie et la signification du mot secret : il nous vient du latin secretus et désigne une information, un savoir qui se trouvent soit caché soit inaccessible.

On associe souvent religion et secret mais dans ce cas la religion vise plus à révéler un secret par une volonté divine de communiquer ce secret aux hommes : ainsi la Bible se termine par la Révélation ou Apocalypse tiré d’un mot grec signifiant littéralement « découvrir » ou « dévoiler ».

Dieu révéla à Moïse son nom (le tetragramme YHWH) pour l’accréditer auprés des hébreux .

Toute l’histoire de l’humanité n’a elle pas commencé selon la Bible par la révélation d’un secret qui devait rester caché ? Lorsqu’ Adam et Eve mangent le fruit défendu  ils ont accès  un secret caché , celui de la connaissance du bien et du mal  : on connaît la suite de l’histoire. Cette transgression  leur vaut l’expulsion du jardin d’ Eden et placera  descendants dans les pire tourments. Encore que l’idée est sujette à débat : vaut il mieux vivre béat dans l’ignorance ou tourmenté dans la connaissance ? … On le sait, sur le plan symbolique cette histoire représente le passage de l’homme du stade pré-humain au stade humain, du moment où les premiers hommes prennent conscience d’un grand secret révélé : ils sont d’une autre nature que l’animal et que certains actes leurs sont défendus. Toujours est il qu’ Adam et Eve par cet acte originel sont indirectement responsables  du fait qu’aujourd’hui nous travaillons en loge à nous perfectionner et nous connaître.  A titre anecdotique , on apprend dans la Génèse Ch 3 V 24 qu’ après avoir chassé Adam et Eve du Jardin d’ Eden, Dieu fit garder l’arbre de vie par des chérubins armés de glaives flamboyants : aujourd’hui encore c’est armés de glaives que nous protégeons nos secrets en loge

Si la religion est révélation de secrets aux croyants à l’inverse la religion chrétienne garantit au croyant un grand secret :  celui de la confession, le croyant confessant ses fautes à un prêtre jouit du secret quant à ces informations. Ce secret a régulièrement été sujet à contreverse s’agissant par exemple de la confession de crimes de sang mais force est de constater qu’il est toujours respecté.

On sait aussi que l’éthymologie du mot religion vient du verbe religare signifiant relier : or les hommes détenteurs d’un secret commun sont littéralement reliés les uns aux autres.

 

 

Le secret est de nombreuses activités profanes  : bancaire, médical, militaire, d’ Etat. On parle du secret de l’instruction et c’est d’actualité du secret de l’isoloir et aussi des secrets de famille.

Le secret professionnel est devenu une régle dans le monde de l’entreprise.

On parle aussi des secrets de beauté d’une belle femme ou des secrets de tel homme pour séduire des femmes.

Le monde moderne banalise les secrets : nous avons des codes secrets pour un oui, pour un non : les codes secrets de nos cartes bancaires, de nos ordinateurs, de nos téléphones portables , d ‘accés à nos emails, nos sites bancaires et autres … 
Cette association des mots code et secret est intéressante au plan sémantique , la FM ∴ reposant elle aussi sur des codes :  ancestraux ceux‐ci.

Cette banalisation des secrets dans le monde moderne dégrade la notion spirituelle de secret. 
Parfois , on oublie son code secret de carte bancaire et on se trouve démuni de l’accés à nos métaux. Pour avoir vécu l’expérience d’une carte avalée par le distributeur un vendredi après midi à Paris, je peux vous assurer que passer un week end à Paris sans carte bancaire est un exercice périlleux même si cela a une vertu : on apprend à vivre de peu et profiter des vrais bonheurs gratuits.

Cet avertissement monde profane nous désigne un grand danger pour le FM ∴ qui serait d’oublier les secrets de la M ∴

La modernité finalement ne détruit t’elle pas les secrets et le secret maçonnique ? : au XVIII ème siècle un profane avait un accès difficile aux secrets de la M ∴

 

Au XXI ème siècle tout profane pour peu qu’il ait un ordinateur un accès internet peut en tapant sur Google les mots franc-maçonnerie avoir accès à pratiquement tous nos secrets rituels , nos symboles mais aussi un libre accès à des planches tracées. Le mot secret lui même peut être trouvé en deux ou trois clics sur internet.

Il est donc permis de se poser la question = le secret maçonnique existe il encore aujourd’hui ? Ou n’est il pas en définitive devenu un secret de Polichinelle ?

Ma réponse est OUI, ce secret existe toujours.

Pour trahir un secret encore faut il soi-même le connaître !

On dit parfois que le vrai secret de la franc-­‐maçonnerie est qu’il n’y en a pas . J’adhère à cette formule si elle désigne la terminologie secrets au sens péjoratif mais pas au sens positif où nous l’entendons en maçonnerie.

Le but du travail en loge est de tailler notre pierre brute c’est à dire nous même , ce qui implique de se connaître soi-­‐même avant de s’améliorer .

Nous connaissons tous  cette formule gravée au fronton du temple d’ Apollon à Delphes « Connais toi toi même et tu connaitras l’ univers et les dieux »

C’est là un des secrets de la maçonnerie, se connaître soi même pour connaître l’univers et la divinité que nous préférons nommer Grand Architecte de l’ Univers.

Certes nous travaillons sur des symboles à la symbolique plus ou moins secrète mais nous n’en avons pas l’exclusivité comme nous le voyons dans nos différentes planches tracées : la plupart de nos symboles ne nous sont pas spécifiques et exclusifs.

Nous voilà rassuré mais nous n’étions pas inquiets =  le plus grand secret de la maçonnerie n’est dans aucun livre, encore moins dans les magazines de papier glacé faisant chaque année leurs une à sensation sur nos secrets et pas d’avantage sur des sites internet .

Dans ses Mémoires, Casanova (entre autres FM ∴) soutient une thèse originale : “ Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait, ne l’a appris de personne. Il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire. ”

 

 

Personnellement, je pense (peut être dans un élan narcissique) que  le vrai secret maçonnique est enfoui mes frères au fond de chacun de nous, de chacun de nos esprits et de nos cœurs et nous nous en ouvrons (pour autant que nous le connaissions partiellement) en loge et en fraternité légitimement protégés par la régle du secret de nos travaux.

Ce vrai secret (se connaître soi-­‐même pour connaître l’univers et la divinité) ne pourrait être trahi car -­‐ et ce sera ma conclusion -­‐ ce vrai secret est probablement inaccessible.


MayotteMan

 


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